Invité sur le plateau de France 24, l’ancien Premier ministre congolais Adolphe Muzito, aujourd’hui membre du gouvernement Suminwa II, a tenu des propos qui font grand bruit sur la scène politique régionale. Selon lui, la République démocratique du Congo se prépare ouvertement à une guerre contre le Rwanda.
D’après Adolphe Muzito, le régime du président Félix Tshisekedi disposerait désormais de moyens financiers suffisants pour soutenir un conflit militaire de longue durée. Il évoque un budget militaire étalé sur cinq années, couvrant la période 2026–2030, capable de soutenir un effort de guerre prolongé si les accords de Washington DC venaient à ne pas être respectés.
« La RDC a aujourd’hui les moyens financiers nécessaires pour faire la guerre au Rwanda pendant longtemps », a-t-il affirmé.
Une position assumée au sommet de l’État
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, sur fond du conflit armé dans l’Est de la RDC. Adolphe Muzito a soutenu que cette posture ne serait pas nouvelle, rappelant que le président Félix Tshisekedi lui-même avait, par le passé, tenu des propos menaçants à l’égard du Rwanda et de son président Paul Kagame.
Sur France 24, le membre du gouvernement a insisté :
la RDC ne se contenterait plus de discours diplomatiques, mais se préparerait concrètement, tant sur le plan financier que militaire, en renforçant ses capacités humaines.
Dialogue politique relégué au second plan
Toujours selon cette analyse, la perspective d’un dialogue — que ce soit avec les rebelles de l’AFC/M23, l’opposition politique, la société civile ou les forces vives de la nation — ne serait plus à l’ordre du jour.
Les initiatives de médiation prônées par la CENCO-ECC, l’Union africaine, les Nations unies, l’Union européenne ou encore les États-Unis seraient ainsi éclipsées par la priorité donnée à l’option militaire.
Une période incertaine pour la RDC
Dans ce contexte, certains observateurs estiment que la priorité accordée à la guerre pourrait également reléguer au second plan les questions électorales, notamment le respect strict de la Constitution et de la limitation des mandats présidentiels.
Pour ses partisans, Adolphe Muzito ne ferait que dire tout haut ce que le régime préparerait en silence. Pour ses détracteurs, ces déclarations risquent au contraire d’aggraver les tensions régionales et de fermer la porte aux solutions politiques.
Une chose est sûre : les propos tenus sur France 24 marquent un tournant dans le discours officiel, et soulèvent de nombreuses interrogations sur l’avenir politique, sécuritaire et diplomatique de la RDC.
Qui vivra, verra.
