Incarcéré à la prison centrale de Makala à Kinshasa, l’ancien vice-ministre des Hydrocarbures, Moussa Mondo, opère un virage politique inattendu. Depuis sa cellule, il a annoncé son départ du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et la création d’une nouvelle formation politique : l’Alliance des Patriotes et Démocrates Musulmans (APDM).
Ancien membre du gouvernement Ilunga Ilunkamba entre août 2019 et avril 2021, Moussa Mondo entend désormais s’imposer comme l’autorité morale de cette nouvelle structure politique, qu’il présente comme une première en République démocratique du Congo.
Un parti inédit dans le paysage politique congolais
Avec la création de l’APDM, Moussa Mondo introduit une dynamique nouvelle, en structurant une formation politique portée notamment par des acteurs issus de la communauté musulmane. Le parti affirme toutefois ne pas s’inscrire dans une logique communautaire, mais plutôt répondre aux aspirations générales des Congolais en matière de changement, de justice et de progrès.
Lors de l’annonce officielle, il a exprimé sa reconnaissance envers le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, saluant l’ouverture à la participation d’un parti à référence islamique dans la vie politique nationale.
Un repositionnement vers la majorité présidentielle
Cette initiative marque également un repositionnement politique majeur pour l’ancien vice-ministre, désormais perçu comme proche de la majorité au pouvoir. Ce changement de cap intervient après des années d’appartenance au PPRD, formation politique de l’ancien président Joseph Kabila.
Un parcours marqué par des démêlés judiciaires
Moussa Mondo reste cependant au cœur d’une affaire judiciaire sensible. Condamné en avril 2024 à 20 ans de prison pour le meurtre de son épouse — une décision qu’il a toujours contestée — son dossier a fait l’objet d’un réexamen en 2025.
Arrêté après le décès de son épouse de nationalité malgache, sur fond d’accusations de coups et blessures, il continue de clamer son innocence.
Par ailleurs, il est réputé proche d’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, lui-même en détention depuis 2025.
Une initiative qui suscite des interrogations
La création de l’APDM depuis un lieu de détention soulève des interrogations quant à son impact réel sur l’échiquier politique congolais. Toutefois, elle témoigne d’une volonté de recomposition politique, dans un contexte national marqué par de fortes tensions et des repositionnements stratégiques.
La rédaction
