Kinshasa a vécu, ce lundi 26 janvier, une journée de tension et de désorganisation sans précédent dans le secteur des transports. L’application stricte de nouvelles mesures de circulation a provoqué une réaction immédiate : la majorité des véhicules de transport en commun est restée au garage.
À l’origine de cette situation, une batterie de taxes obligatoires imposées aux automobilistes, dont le montant cumulé atteint 564 dollars. Pour de nombreux conducteurs, ces frais constituent un obstacle majeur à la poursuite de leurs activités quotidiennes.
Une ville à l’arrêt
Dès l’aube, les arrêts de bus ont été envahis par des foules désorientées. Fonctionnaires, enseignants, élèves et travailleurs du secteur privé ont dû affronter une réalité brutale : l’absence quasi totale de transports publics. Beaucoup ont parcouru plusieurs kilomètres à pied, sous un soleil accablant, dans une ville déjà éprouvée par des infrastructures déficientes.
Cette pénurie a donné lieu à une spéculation sauvage sur les prix des trajets. Les rares véhicules en circulation imposent leurs tarifs, sans régulation, au détriment des usagers les plus vulnérables.
Une réforme qui divise
Les autorités affirment que ces contrôles visent à fluidifier la circulation et à assainir le secteur des transports urbains. Toutefois, sur le terrain, la perception est tout autre. Pour une population confrontée au chômage, à la pauvreté et au coût élevé de la vie, ces mesures apparaissent comme un fardeau supplémentaire.
Si cette journée marque le début d’un processus de réforme voulu par l’État, elle met surtout en lumière l’urgence de proposer des solutions alternatives : transports publics structurés, accompagnement des conducteurs et mesures sociales adaptées.
Sans cela, la lutte contre les embouteillages risque de se transformer en une crise sociale durable.
Rédaction
