Depuis la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, l’ancien président Joseph Kabila est sorti de son silence pour s’exprimer sur sa présence dans une zone actuellement sous influence de l’AFC-M23. Dans une interview accordée récemment, le président du PPRD a tenu à clarifier sa position face aux nombreuses critiques.
D’entrée de jeu, Joseph Kabila a revendiqué son attachement à la ville de Goma, qu’il considère comme une partie intégrante du territoire national.
« Goma, c’est chez moi. Je vous reçois dans la maison que j’ai achetée en 1999 », a-t-il déclaré.
Une présence qui suscite polémique
L’ancien chef de l’État rejette fermement les accusations de collusion avec les rebelles, estimant qu’il s’agit d’un acharnement politique visant sa personne et sa famille politique, une situation qui, selon lui, remonte à plusieurs années, bien avant l’émergence de l’AFC-M23.
Joseph Kabila affirme également qu’il est en droit d’échanger avec tous les Congolais, où qu’ils se trouvent, dans une démarche qu’il présente comme orientée vers la cohésion nationale et la recherche de la paix.
« Être en contact avec tous les Congolais est pour moi une mission », a-t-il insisté.
Réaction après une frappe meurtrière à Goma
Interrogé sur la récente frappe de drone survenue le 11 mars à Goma, ayant coûté la vie à une employée française de l’UNICEF ainsi qu’à deux civils congolais, à proximité de sa résidence, Joseph Kabila s’est montré prudent.
Il a évoqué un climat sécuritaire préoccupant, affirmant que la population congolaise reste régulièrement exposée aux violences, notamment dans les territoires de Masisi et sur les Hauts Plateaux. Des enquêtes sont en cours pour établir les responsabilités, a-t-il précisé, tout en affirmant garder « le moral ».
Un appel à la mobilisation contre le pouvoir en place
Sur le plan politique, l’ancien président a réitéré ses critiques à l’encontre du régime actuel, qu’il qualifie de « dictature » et de « tyrannie ». Il appelle à une mobilisation générale des Congolais, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.
Joseph Kabila a notamment évoqué l’article 64 de la Constitution, qu’il présente comme un levier légal pour s’opposer à toute forme de prise ou d’exercice du pouvoir en violation des textes fondamentaux.
Un contexte judiciaire tendu
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte marqué par sa condamnation par contumace à la peine de mort par la justice congolaise, notamment pour trahison et crimes contre l’humanité, une décision qui continue d’alimenter les tensions politiques dans le pays.
Rédaction
