La République démocratique du Congo et la République du Congo ont franchi une nouvelle étape vers la concrétisation du projet de construction du pont route-rail sur le fleuve Congo. Les deux pays ont signé, jeudi à Kinshasa, un accord bilatéral fixant le régime fiscal, douanier et des recettes non fiscales applicable à cette infrastructure stratégique.
Le projet de construction du pont route-rail reliant Kinshasa à Brazzaville connaît une avancée majeure. Jeudi à Kinshasa, le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a présidé la cérémonie de signature de l’accord bilatéral portant sur le régime privilégié fiscal, douanier et des recettes non fiscales lié à ce projet.
Cet accord vise à encadrer les aspects fiscaux et douaniers de cette infrastructure appelée à relier les deux capitales les plus proches du monde. Il permet notamment d’éviter les risques de double imposition et d’harmoniser les procédures tarifaires applicables aux marchandises en transit, ainsi qu’aux futures recettes de péage.
Dans son allocution, Jean-Pierre Bemba a salué une étape déterminante dans la mise en œuvre de ce projet longtemps attendu.
« La signature de cet accord bilatéral portant sur le régime privilégié fiscal, douanier et des recettes non fiscales n’est pas une simple formalité technique. C’est le verrou juridique qui a longtemps retardé la concrétisation de ce projet, aujourd’hui levé grâce à la volonté politique de nos Chefs d’État », a-t-il déclaré.
Un cadre pour attirer les investisseurs
Selon le VPM Jean-Pierre Bemba, la validation de ce cadre harmonisé, élaboré à l’issue de travaux menés par les experts des deux pays, permettra de garantir un environnement économique fluide, sûr et attractif pour le futur concessionnaire du projet.
« Le présent accord fixe de manière claire et unifiée le régime fiscal et douanier applicable audit projet », a-t-il ajouté.
Pour Kinshasa et Brazzaville, cet accord constitue une étape essentielle vers la phase opérationnelle du projet. Il devrait permettre, dans les prochains jours, de relancer la demande de propositions et de poursuivre le bouclage financier de cette infrastructure, dont le coût est estimé à plus de 800 millions de dollars américains.
Jean-Pierre Bemba a indiqué que ce pont route-rail représente bien plus qu’un simple ouvrage de franchissement. Il s’agit, selon lui, d’un véritable outil de développement, destiné à renforcer les échanges commerciaux, faciliter la mobilité des personnes et des biens, et consolider l’intégration régionale.
Un projet stratégique d’intégration régionale
Le pont route-rail sur le fleuve Congo, dont le point de départ est prévu à Maluku, s’inscrit dans le Plan d’action prioritaire du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA).
Long de 1,575 km, l’ouvrage devrait comprendre une voie ferrée, deux voies de circulation routière, un système de péage, des trottoirs, ainsi que des postes de contrôle frontaliers.
Sa construction permettra de briser la barrière physique entre Kinshasa et Brazzaville, deux capitales séparées par le fleuve Congo mais appelées à renforcer leur connectivité économique et humaine.
La cérémonie de signature s’est tenue en présence des membres du gouvernement congolais et d’une délégation de la République du Congo conduite par Jean-Jacques Bouya, ministre de l’Aménagement du territoire et des Grands Travaux.
Cette avancée s’inscrit dans la dynamique de coopération portée par les présidents Félix Tshisekedi et Denis Sassou-Nguesso, déterminés à faire de ce projet une infrastructure majeure d’intégration régionale.
La rédaction
