Visé par des sanctions américaines liées au rôle attribué à l’armée rwandaise dans la déstabilisation de l’Est de la RDC, Paul Kagame affirme ressentir le poids de ces mesures. Le président rwandais assure toutefois qu’il ne capitulera pas, tout en dénonçant une décision qu’il juge injuste et déséquilibrée.
Le président rwandais Paul Kagame s’est de nouveau exprimé sur les sanctions américaines visant l’armée rwandaise, accusée d’être impliquée dans la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, notamment en lien avec l’AFC-M23.
Lors d’un forum ouvert à Kigali, le chef de l’État rwandais a reconnu que ces sanctions produisent des effets douloureux sur son pays. Il a cependant affirmé qu’elles ne le pousseront pas à changer de position.
« Je n’ai jamais capitulé, même lorsque la situation était pire. Oui, ça fait mal, absolument, et c’est précisément l’objectif recherché. Les sanctions sont faites pour faire mal. D’une certaine manière, nous souffrons. Mais nous souffririons davantage si nous arrêtions ce que nous faisons. Il faut donc toujours peser le pour et le contre », a déclaré Paul Kagame.
Kagame dénonce une pression injuste
Dans son intervention, le président rwandais a une nouvelle fois critiqué la décision de l’administration américaine. Selon lui, ces mesures relèvent d’une pression injuste et s’inscrivent dans une logique de domination.
Paul Kagame a dénoncé ce qu’il considère comme des « avantages » tirés de « l’exploitation et des injustices », tout en estimant que céder face à une mauvaise décision aurait un coût encore plus élevé.
« En réalité, dire oui à la mauvaise chose coûte plus cher. Nous en sommes donc là, mais toutes ces choses finissent par arriver, d’une manière ou d’une autre. Même ceux qui ont le pouvoir de nous nuire ne vivront pas assez longtemps pour profiter des avantages tirés de l’exploitation des gens et des injustices qu’ils commettent », a-t-il souligné.
Un appel à l’unité africaine
Au-delà de la réponse aux sanctions, Paul Kagame a également appelé les pays africains à renforcer leur unité afin de faire face aux défis du continent. Pour lui, l’Afrique doit compter davantage sur ses propres forces pour progresser et défendre ses intérêts.
« Je pense donc que chacun d’entre nous, pays africains, et c’est le plus important, en unissant nos forces, nous pouvons faire beaucoup pour faire progresser l’Afrique, pour nous hisser au niveau que nous méritons. Et ne vous souciez pas de ces puissances qui s’imaginent posséder le monde, le ciel et tout le reste », a-t-il martelé.
Ces nouvelles déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions diplomatiques autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Kigali reste régulièrement accusé de soutenir l’AFC-M23, ce que les autorités rwandaises rejettent, tandis que Washington maintient la pression sur le Rwanda à travers des sanctions ciblées.
Déjà, après l’annonce de ces sanctions américaines, le 2 mars dernier, Paul Kagame avait dénoncé une « punition injuste » et une politique de deux poids deux mesures. Il accusait alors l’administration américaine d’adopter une posture plus ferme envers Kigali, tout en se montrant, selon lui, plus indulgente envers Kinshasa.
La rédaction
