Au lendemain du lancement de la Coalition Article 64 par une partie de l’opposition, l’UDPS annonce la création de la « Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution » (C4). Cette nouvelle plateforme pro-pouvoir entend mobiliser la population autour de l’idée d’un changement de la Constitution en vigueur depuis 2006.
Le débat autour du changement de la Constitution prend une nouvelle tournure en République démocratique du Congo. Après la sortie officielle de la Coalition Article 64, portée par une frange de l’opposition, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) a annoncé, ce mercredi 20 mai, la mise en place de la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution, en sigle C4.
L’annonce a été faite par le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya Tshilumba, également président intérimaire du parti présidentiel. Selon lui, cette nouvelle plateforme s’inscrit dans la continuité de la vision de feu Étienne Tshisekedi, qui avait exprimé, de son vivant, le souhait de voir la RDC se doter d’une nouvelle Constitution.
Une réponse directe à l’opposition
La création de la C4 intervient au lendemain du lancement de la Coalition Article 64, regroupant notamment Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, ancien président intérimaire de l’UDPS.
Pour le camp présidentiel, cette nouvelle structure apparaît comme une réponse politique à l’opposition, qui accuse Félix Tshisekedi de vouloir modifier l’ordre constitutionnel afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028.
Sur sa page Facebook, Augustin Kabuya a expliqué que le chiffre 4 symbolise les quatre zones linguistiques de la République démocratique du Congo. La plateforme devrait regrouper des partis politiques, des organisations de la société civile, des confessions religieuses ainsi que des mouvements associatifs.
Sensibiliser pour le changement de la Constitution
Sans détour, Augustin Kabuya affirme que la mission principale de cette coalition sera de sensibiliser la population congolaise en faveur du changement de la Constitution.
« Nous, membres de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social/Tshisekedi, comme détenteurs du testament de feu le Docteur Étienne Tshisekedi wa Mulumba, concernant sa promesse faite à notre peuple de son vivant sur cette Constitution rédigée par les belligérants, nous allons mettre en place une plateforme dénommée Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution, en sigle C4 », a déclaré Augustin Kabuya Tshilumba.
Selon lui, cette initiative vise à porter un discours politique structuré autour de la nécessité de doter la RDC d’une nouvelle Loi fondamentale.
Un débat politique déjà tendu
Cette annonce intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Lors de sa dernière conférence de presse, le président Félix Tshisekedi s’est prononcé en faveur du changement de la Constitution. Il a également évoqué l’hypothèse d’un troisième mandat, affirmant qu’il l’accepterait si le peuple le lui demandait.
Le Chef de l’État a par ailleurs indiqué son intention de consulter le peuple congolais par voie référendaire. Il a aussi conditionné la tenue des élections générales à la fin de la guerre dans les deux Kivu.
Du côté de l’opposition, cette démarche est perçue comme une tentative de remise en cause des règles constitutionnelles actuelles. Les opposants estiment que le mandat de Félix Tshisekedi doit prendre fin en 2028, conformément à l’ordre constitutionnel en vigueur.
L’article 64 au cœur de la mobilisation
Face à cette dynamique, l’opposition dit s’appuyer sur l’article 64 de la Constitution, qui consacre le droit à la résistance citoyenne. Cet article prévoit que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles.
Avec la naissance de la C4, le débat sur le changement de la Constitution entre désormais dans une phase de confrontation politique ouverte entre le camp présidentiel et l’opposition.
La rédaction
