Face à la nouvelle épidémie d’Ebola signalée dans certaines zones de santé de l’Ituri et du Nord-Kivu, le gouvernement congolais appelle la population à renforcer les mesures de prévention. Le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, insiste particulièrement sur l’organisation d’enterrements dignes et sécurisés afin de briser la chaîne de transmission du virus.
La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle épidémie d’Ebola. Dans ce contexte, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a appelé les populations des zones touchées, notamment en Ituri et au Nord-Kivu, à adopter des comportements responsables pour limiter la propagation de la maladie.
Selon le ministre, la RDC dispose d’une expertise reconnue dans la riposte contre Ebola. Toutefois, il estime que certaines pratiques traditionnelles, en particulier celles liées aux rites funéraires, doivent être adaptées pour protéger les familles et les communautés.
Les rites funéraires au cœur de la prévention
Samuel Roger Kamba a insisté sur la nécessité d’organiser des enterrements dignes et sécurisés. D’après lui, les contacts directs lors des funérailles peuvent favoriser la transmission du virus, surtout lorsque les corps sont manipulés sans mesures de protection.
« Il faut des enterrements dignes et sécurisés pour briser la chaîne de transmission », a-t-il déclaré.
Cette recommandation vise à réduire les risques liés aux rassemblements, aux contacts physiques et aux manipulations des dépouilles, qui peuvent exposer les proches ainsi que les intervenants sanitaires.
Éviter la consommation d’animaux morts
Le ministre de la Santé a également rappelé que le virus Ebola est une maladie d’origine animale. Il a ainsi appelé les populations vivant dans les zones à risque à éviter la consommation d’animaux trouvés morts et à renforcer les mesures d’hygiène dans la préparation des aliments.
« C’est une maladie qui vient d’un animal », a-t-il rappelé.
Cette consigne s’inscrit dans une approche préventive destinée à limiter les contacts à risque avec la faune, considérée comme l’une des sources possibles d’exposition initiale au virus.
Une souche déjà connue en RDC
Samuel Roger Kamba a par ailleurs indiqué que la souche identifiée est de type Bundibugyo, présentée comme moins létale que la souche Zaïre. Il a précisé que les autorités sanitaires ont rapidement confirmé l’information ayant conduit à la déclaration officielle de l’épidémie.
Le ministre a rappelé que cette souche n’est pas nouvelle en RDC. Elle avait déjà été à l’origine d’une épidémie en 2012 à Isiro et a également été observée dans d’autres pays, notamment en Ouganda.
Il a salué le travail de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), sous l’expertise du professeur Jean-Jacques Muyembe, qui a permis le séquençage du virus.
Le gouvernement se veut rassurant
Malgré la gravité de la situation, le ministre de la Santé s’est montré confiant quant à la capacité du pays à maîtriser cette épidémie. Il a rappelé que la RDC possède une expérience importante dans la prise en charge et la riposte contre Ebola.
Depuis la déclaration officielle de l’épidémie, le gouvernement fait état de plus de 130 décès et de plus de 500 cas détectés dans six zones de santé de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent la population à respecter les consignes de prévention, à éviter les contacts à risque et à signaler rapidement tout cas suspect aux services de santé.
La rédaction
