À la veille de la journée « ville morte » annoncée par une partie de l’opposition, le vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, rappelle aux agents de l’État leurs obligations de neutralité, d’assiduité et de présence au poste. Des missions d’inspection sont annoncées dans les services publics afin de vérifier le fonctionnement régulier de l’administration.
En République démocratique du Congo, le gouvernement hausse le ton à l’approche de la journée « ville morte » prévue ce mercredi 3 juin 2026, à l’appel d’une partie de l’opposition. Dans une note consultée par Actiom.cd, le vice-premier ministre, ministre de la Fonction publique, Modernisation de l’administration et Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau, met en garde les fonctionnaires de l’État contre toute absence injustifiée au travail.
Cette mise en garde intervient après la circulation, ces derniers jours, de tracts attribués à des groupes politiques de l’opposition, appelant notamment certains agents publics à observer une journée sans activités à caractère politique.
Neutralité et apolitisme de l’administration
Dans sa note, Jean-Pierre Lihau rappelle que les agents de carrière de l’administration publique sont soumis aux principes d’apolitisme, d’impartialité et de neutralité. Il insiste également sur leur obligation d’assiduité et de présence effective au poste.
« L’administration se doit de se tenir toujours à l’écart de toute forme d’activisme politique, de sorte qu’aucun agent ne saurait se prévaloir d’un appel ou de mots d’ordre politiques pour se soustraire à ses obligations de service », a écrit le VPM Lihau.
Selon lui, l’appel lancé par l’opposition ne s’inscrit ni dans le respect des dispositions constitutionnelles, ni dans celui des textes légaux et réglementaires en vigueur.
Le ministre rappelle aussi les règles du code de conduite de l’agent public, qui impose aux fonctionnaires de respecter les restrictions légales liées à l’exercice d’activités politiques. À ce titre, les agents doivent s’abstenir de participer à des activités partisanes, de prendre position au profit d’un parti ou regroupement politique, ou encore d’utiliser leurs fonctions et les moyens de l’administration à des fins politiques.
Des listes de présence exigées dans les services publics
Jean-Pierre Lihau souligne que la présence effective au poste constitue une obligation au sein de l’administration publique. Il rappelle que chaque service public est tenu d’établir quotidiennement une liste de présence du personnel.
« Chaque service est dans l’obligation de tenir, chaque jour, une liste de présence du personnel. Ces listes doivent être dûment renseignées, signées et conservées, de manière à permettre tout contrôle ultérieur », a-t-il indiqué, en référence au règlement d’administration relatif à la discipline.
Dans ce cadre, le vice-premier ministre annonce le déploiement, dès ce mardi 2 juin, de missions d’inspection dans les services publics. Ces contrôles auront pour objectif de garantir le fonctionnement régulier de l’administration et de s’assurer du respect des obligations de présence par les agents et cadres de l’État.
Des sanctions disciplinaires annoncées
Le patron de la Fonction publique avertit que les agents qui s’absenteront de leurs postes sans motif légalement valable s’exposeront à des sanctions disciplinaires, conformément aux textes en vigueur.
Cette mise en garde intervient dans un contexte politique marqué par la contestation du projet de changement de la Constitution soutenu par la majorité au pouvoir.
À l’appel de la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel, plusieurs figures de l’opposition, dont Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund, appellent à une journée sans activités ce mercredi 3 juin 2026.
Selon ce bloc de l’opposition, le débat autour du changement de la Constitution viserait à ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, une option qu’ils jugent anticonstitutionnelle.
La rédaction
