Le gouvernement congolais maintient le 20 septembre 2026 comme date cible pour la reprise des vols de Congo Airways. À quelques jours de cette échéance, les autorités accélèrent les préparatifs afin de lever les derniers obstacles techniques, financiers et logistiques liés à la relance de la compagnie aérienne nationale.
Dans ce cadre, le vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a conduit une quatrième réunion de coordination interministérielle consacrée au dossier. Les ministères et services concernés ont notamment examiné les conditions nécessaires au redémarrage effectif des opérations.
Créée en 2014, Congo Airways traverse depuis plusieurs années d’importantes difficultés financières et opérationnelles qui ont conduit à l’arrêt de ses activités commerciales. La relance de l’entreprise a depuis été inscrite parmi les priorités du gouvernement, avec notamment la recherche d’un mécanisme de financement durable.
Un Embraer E190 au cœur du dispositif de relance
Sur le plan technique, la stratégie repose notamment sur la mise en service d’un premier Embraer E190. Les préparatifs portent sur la validation des licences du personnel navigant, l’organisation des vols d’essai ainsi que la disponibilité des pièces de rechange.
Le gouvernement prévoit également la remise en état d’un Airbus A320 et la préparation de plusieurs escales destinées à accompagner la reprise progressive des activités. Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Kindu, Mbuji-Mayi et Mbandaka figurent parmi les villes concernées par cette feuille de route.
Parallèlement, les autorités suivent le dossier relatif à la livraison d’un deuxième Embraer E190 avec l’implication de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Plusieurs dossiers financiers hérités de la période précédente sont également examinés, notamment un contentieux d’environ 1,4 million USD lié à Jordan Aviation ainsi que des fonds signalés comme étant en suspens aux États-Unis.
Digitaliser et sécuriser les recettes
La relance de Congo Airways ne devrait pas se limiter à la remise en service des avions. Le gouvernement prévoit également des réformes portant sur la gouvernance de l’entreprise, la digitalisation de certaines opérations et la sécurisation des recettes commerciales, avec un accompagnement bancaire annoncé de l’UBA.
L’objectif affiché est de permettre à la compagnie nationale de retrouver une activité durable et de contribuer à l’amélioration de la connectivité entre les différentes provinces du pays.
Cette relance intervient toutefois dans un contexte marqué par de fortes tensions autour de la gestion de l’entreprise.
Plus de 23 millions USD au cœur d’accusations de gestion
Dans une correspondance adressée à la ministre du Portefeuille, le président du Conseil d’administration de Congo Airways, Jean-Bertrand Ewanga, a mis en cause la gestion de plus de 23 millions USD, affirmant que ces ressources avaient été mobilisées sans permettre une reprise durable des vols. Il s’agit, à ce stade, d’accusations formulées par le Conseil d’administration.
Selon les éléments rapportés, les montants concernés comprendraient notamment des appuis de l’État, des fonds provenant de la CNSS, des recettes liées à l’exploitation d’appareils loués ainsi que le remboursement d’une caution.
De son côté, le directeur général de Congo Airways, Alexandre Mukendi Tshikala, a rejeté les accusations de détournement et demandé la réalisation d’un audit financier, comptable et opérationnel indépendant afin d’établir les responsabilités.
La compagnie figure par ailleurs parmi les transporteurs aériens certifiés en République démocratique du Congo concernés par l’interdiction d’exploitation au sein de l’Union européenne figurant dans la liste actualisée en juin 2025.
À l’approche du 20 septembre, l’enjeu pour les autorités est désormais de transformer le calendrier annoncé en reprise effective des opérations, tout en répondant aux défis financiers, techniques et de gouvernance auxquels Congo Airways reste confrontée.
Rédaction
